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Faut-il parler longtemps de son passé pour aller mieux ?

Publié le 10 mars 2025 · 8 min de lecture

Une idée reçue bien ancrée

Dans l'imaginaire collectif, la psychothérapie rime avec un divan, des années de séances et une exploration minutieuse de l'enfance. Cette représentation, héritée de la psychanalyse freudienne, reste dominante malgré l'émergence de nombreuses approches thérapeutiques qui obtiennent des résultats significatifs en beaucoup moins de temps et sans nécessiter une verbalisation exhaustive du passé.

La question n'est pas de savoir si explorer le passé est utile — cela peut l'être, dans certains contextes et pour certaines personnes. La question est de savoir si c'est toujours nécessaire, et si la durée de l'exploration est corrélée à l'efficacité du traitement.

Ce que la recherche dit sur les thérapies brèves

Les thérapies cognitivo-comportementales (TCC), qui sont parmi les approches les mieux validées scientifiquement, obtiennent des résultats comparables aux thérapies analytiques longues pour la majorité des troubles anxieux et dépressifs, en 8 à 20 séances [1]. L'EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing), recommandé par l'OMS pour le traitement du PTSD, produit des résultats significatifs en 3 à 12 séances, sans nécessiter une verbalisation détaillée des événements traumatiques [2].

L'hypnose thérapeutique, selon la problématique, peut produire des changements significatifs en 1 à 6 séances. L'EFT obtient des résultats documentés sur le PTSD en 6 à 10 séances. Ces données remettent en question l'équation "plus c'est long, plus c'est profond et efficace".

Parler du passé : utile mais pas toujours nécessaire

Les approches orientées vers le passé partent du présupposé que comprendre l'origine d'un problème est nécessaire pour le résoudre. Les approches orientées vers les ressources et le futur (hypnose ericksonienne, thérapie orientée solutions, PNL) partent d'un présupposé différent : le changement peut se produire sans que le sujet ait besoin de comprendre intellectuellement toutes les causes de son problème [3].

Cette distinction est particulièrement pertinente pour les personnes qui ont déjà fait un travail thérapeutique approfondi et "comprennent" leurs problèmes sans parvenir à les résoudre, ou pour celles qui ne souhaitent pas ou ne peuvent pas s'engager dans une exploration prolongée du passé (personnes ayant vécu des traumatismes sévères, personnes âgées, enfants).

Le critère d'efficacité : le changement, pas la durée

Le critère ultime d'une thérapie n'est pas sa durée, mais son efficacité — mesurée par la réduction des symptômes, l'amélioration de la qualité de vie et la durabilité des changements. Une méta-analyse publiée dans le Journal of Consulting and Clinical Psychology a montré que 50 % des patients s'améliorent significativement après 8 séances de thérapie, et 75 % après 26 séances, indépendamment de l'approche thérapeutique utilisée [4]. La relation thérapeutique — la qualité de l'alliance entre le patient et le thérapeute — est un prédicteur d'efficacité plus robuste que la technique utilisée.

Références

  1. Butler AC et al. The empirical status of cognitive-behavioral therapy: a review of meta-analyses. Clin Psychol Rev. 2006;26(1):17-31. doi:10.1016/j.cpr.2005.07.003
  2. Organisation Mondiale de la Santé. Guidelines for the management of conditions specifically related to stress. OMS, 2013. who.int
  3. de Shazer S. Keys to Solution in Brief Therapy. Norton, 1985.
  4. Howard KI et al. The dose-effect relationship in psychotherapy. Am Psychol. 1986;41(2):159-164. doi:10.1037/0003-066X.41.2.159
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